De la télévision, par Frederick Exley

Bref, je regardais la télévision. Pas une seule fois pendant ces mois-là une idée intelligente ou une émotion n’émana de l’écran, et j’en vins à envisager ce média comme subversif : de par ses tromperies, ses mensonges assumés, sa lâcheté, sa bêtise, sa violence gratuite, ces personnalités dégoûtantes que l’on pousse dans les bras de notre jeunesse, sa soumission rampante et infinie à nos fantasmes, la télévision sape la force de caractère, la vigueur, et pervertit de manière irréparable toute notion de réalité. Mais c’est un média tendre et aimant ; et lorsqu’il a accompli son oeuvre destructrice et réduit le spectateur au stade d’enfant baveux et écervelé, telle une gironde génitrice, il se tient toujours prêt à nous accueillir entre ses seins aux brunes aréoles Frederick Exley

Cette diatribe à l’égard de la télévision, tirée du Dernier stade la soif, date de 1968. Je me demande ce que Frederick Exley aurait aujourd’hui à dire de la télé-réalité? Je vous reparlerai certainement très bientôt de ce grand écrivain et du Dernier stade de la soif.

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