59 Rivoli, lieu de rencontre entre le public et les artistes contemporains

Zone d’autonomie temporaire : s’il est un lieu qui correspond au concept introduit par Hakim Bey en 1991, c’est bien le 59 Rivoli. C’est en 1999 que différents artistes (Kalex, Gaspard, Bruno, pour KGB) investissent l’immeuble abandonné au 59 rue de Rivoli et en font un squat avec pour objectif de réanimer le lieu « inculte », donner un espace aux artistes, et proposer une politique culturelle alternative.

14 ans plus tard, le squat a été officialisé par la Mairie de Paris, même si le collectif a été récemment mis à mal par un rapport d’audit. A l’arrivée dans l’immeuble, le rez-de-chaussée donne le ton, les couleurs sautent à la figure du visiteur, et un piano repeint accueille les notes désordonnées des mélomanes passant par là. De dorémifasol au clair de la lune, selon les talents de chacun. Dans l’escalier orné d’un dragon qui indique le sens de la visite se pressent des élèves de cours préparatoire : voilà une sortie scolaire qu’ils retiendront certainement.

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Au 4ème étage, je fais la rencontre de Jérôme Btesh et ses tableaux lumineux à la conception fascinante. Des caractères de casse d’imprimerie suspendus face à un miroir lumineux, puis photographiés dans le noir complet grâce à une pose longue. « Culture under control », « Give us fine love & natural cash », « Get out of brain wank »…les messages incisifs brillent dans ces lightbox finement ouvragées. C’est la semaine de la FIAC, du coup Jérôme Btesh propose une promo sur les gravures, reproduction des lightbox. On discute, l’artiste se livre à une charge sévère contre la FIAC, son climat délétère et l’hypocrisie de sa position de place de marché travestie en musée.

Crédit photo : Jérôme Btesh

Crédit photo : Jérôme Btesh

Toujours au 4ème étage, je rencontre Francesco, un autre permanent. Un personnage truculent et accueillant, qui m’accueille d’un « salut camarade » avant de se présenter ainsi que son interlocuteur, le Suisse Marocain. On se serre la main, le Suisse Marocain repart à ses activités, d’autres visiteurs arrivent, ça y est, je fais partie du tableau, à mon tour d’être présenté aux nouveaux arrivants. Je propose ensuite à Francesco de le photographier. « OK, mais à condition que je te prenne en photo d’abord! Sinon, tu n’auras jamais de photo de toi… ». Ca se tient. Comme sa peinture, qu’il définit ainsi : « Ma peinture nʼest pas conceptuelle. La matière, le mouvement, le processus de création, et le tangible doivent prévaloir. Passerelles pour lʼémotion, les sens et lʼimaginaire. »

Francesco

Francesco

Infos pratiques : 59 rue de Rivoli, ouvert tous les jours sauf le lundi, de 13h à 20h. Accès libre.

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